mardi 13 juin 2017

Trains connectés : une réalité en 2017


Wifi et accès aux réseaux opérateurs dans les rames : la SNCF entend répondre à la demande de ses usagers pour des voyages sans rupture de connexion. De quoi susciter l'inquiétude des collectifs de personnes électrohypersensibles.

Depuis près de dix ans, la SNCF entreprend de développer les technologies sans fil sur son réseau. Après plusieurs tentatives non concluantes tant pour la qualité des services que pour le coût engendré, le bout du tunnel semble en vue : la SNCF avait annoncé en décembre 2016 le lancement de 19 rames TGV Paris-Lyon munies du wi-fi , et ce sont  aujourd'hui les passagers de la ligne Paris-Lille, avant ceux de l'axe Paris-Bordeaux dès son ouverture début juillet, qui bénéficieront de ce service via le portail TGV connect. L'objectif suivant est de permettre aux passagers de 300 rames, d'ici la fin 2017, d'accéder aux réseaux des opérateurs pendant leur trajet. Pour cela, outre une borne wi-fi dans chaque wagon, des antennes-relais 3G et 4G devront être installées  tous les 3 km le long des voies et sur chaque voiture ; enfin, plusieurs centaines de kilomètres de fibre optique seront également déployés. Un investissement qui avoisinerait la centaine de millions d'euros.

Si l'internet nomade fait désormais partie de nos vies, et plus encore de celles de publics amenés à se déplacer fréquemment, notamment dans un cadre professionnel, ce déploiement généralisé pourrait néanmoins entraver l'accessibilité aux trains de catégories particulières de personnes, notamment électrohypersensibles ou porteuses de dispositifs médicaux. D'où la création d'un collectif "Pour le droit de voyager en train sans wi-fi", soutenu par Priartem, Agir pour l'environnement, le Réseau Environnement santé et WECF France, pour interpeller les pouvoirs publics (courrier adressé à la déléguée ministérielle à l'accessibilité dans les transports) et l'opérateur de transports.

Au courrier adressé par Priartem en février pour rappeler les effets sur ces personnes d'une augmentation de l'exposition aux radiofréquences et relayer cette demande, la SNCF  a répondu (voir en bas de page) en détaillant le dispositif mis en place pour s'assurer du respect des normes réglementaires d'exposition à l'intérieur des voitures équipées, et en mettant en avant le fait que le déploiement du wi-fi dans les rames permet aux appareils mobiles de fonctionner à moindre niveau d'émission. Une réponse loin de clore le débat, puisqu'une pétition exigeant la suspension du déploiement du wi-fi tant que des "wagons blancs", dépourvus de wi-fi et dont les portables seraient bannis, ne seront pas proposés dans chaque train circule désomais sur le net.