mercredi 6 décembre 2017

Campagne d'information "téléphonie mobile et santé"


Le ministère de la Transition écologique et solidaire a annoncé la mise en place en 2018 d'une série d'actions visant à renforcer l'information du public sur les niveaux d'exposition aux ondes électromagnétiques.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire lance une campagne d'information en faveur des modes d'utilisation limitant l'exposition individuelle aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables. Constatant que l'âge à l'équipement du premier mobile ne cesse de s'abaisser, et que dans le même temps 90% des utilisateurs, jeunes ou adultes, ne se servent pas de leur kit mains libres, Nicolas Hulot, conjointement avec son homologue des Solidarités et de la santé, et en collaboration avec l'Anses et l'ANFR, a dévoilé les grands axes retenus pour en promouvoir un usage raisonné. En particulier, une vidéo, visionnable sur le site du ministère, insiste sur six bons comportements à adopter au quotidien : outre l'emploi du kit mains libres, privilégier le mode texte et l'usage dans les zones de bonne réception, éviter les conversations trop longues et dans les transports, et enfin, lors de l'achat, choisir un modèle à débit d'absorption spécifique (DAS) le plus bas possible.

Alors que le débat sur les ondes semblait s'être cristallisé ces derniers mois autour du déploiement des compteurs communicants (allant parfois jusqu'en justice, comme en témoigne cette action lancée par Enedis contre une commune ayant tenté d'interdire l'installation des compteurs Linky sur son territoire), le gouvernement a jugé cette action de sensibilisation autour des téléphones mobiles nécessaire, en écho avec les recommandations de l'Anses concernant les conséquences de l'exposition des enfants et les limites des contrôles de conformité des appareils aux valeurs réglementaires d'exposition en vigueur ; une saisine conjointe a d'ailleurs été adressée à l'Anses par les deux ministères concernés, portant sur la caractérisation de l'exposition réelle des populations aux émissions des équipements radioélectriques utilisés près du corps et sur le développement d'un indicateur d'exposition. Dans le même temps, la communication gouvernementale souligne néanmoins l'absence "de preuve scientifique démontrant que l'usage des téléphones mobiles présente un risque pour la santé".

La mise en place de cette politique de sensibilisation et d'information était prévue par la loi du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l'information et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques (dite "loi Abeille", dans son titre 2, article 6), tout comme d'autres mesures annoncées dans la foulée par le ministre. Ainsi, la publication de la carte des points dits "atypiques" par l'ANFR, maintes fois différée, a été confirmée pour 2018, tout comme la mise en route du comité national de dialogue entre les parties prenantes dès le début de l'année prochaine (voir notre actualité du 14 septembre 2016). Moins attendue, l'extension à l'ensemble des objets connectés du dispositif gratuit de mesure de l'exposition aux radiofréquences émises (qui ne manquera pas de soulever quelques problèmes d'interprétation des résultats) a également été annoncée.

Enfin, l'information des consommateurs sur leur exposition aux ondes a été réaffirmée comme un des axes de travail du Groupe Santé Environnement, qui devrait rendre sa feuille de route au premier semestre 2018.