mardi 1 mars 2016

Colloque pour une reconnaissance de l'électro-hypersensibilité


Le 11 février s'est tenu à l'Assemblée nationale un colloque consacré la question de l'électro-hypersensibilité. Des interventions de personnes atteintes, de médecins et de juristes se sont succédées au cours de cet après-midi qui s'est conclu par un appel pour une reconnaissance lancé par une cinquantaine de professionnels de la santé.

La salle Colbert de l'Assemblée nationale, où se tenait ce colloque organisé par la députée Laurence Abeille et l'eurodéputée Michelle Rivasi, semblait bien exiguë tant les participants, en premier lieu desquels se comptaient de nombreuses personnes électro-hypersensibles, s'étaient déplacés en nombre. Pour autant, c'est sur le constat d'une absence remarquée, celle des autorités sanitaires, que Laurence Abeille a ouvert la séance. Elle déplore aussi qu'un an après l'adoption de la loi qui porte son nom et aborde de fait la question de l'électrohypersensibilité, ses décrets d'application n'aient toujours pas été promulgués.

L'électro-hypersensibilité, qui toucherait jusqu'à 5% de la population selon des estimations récentes, n'est à ce jour pas reconnue comme une maladie en France, même si la connaissance des symptômes et mécanismes associés progresse, et alors que des décisions de justice ont été rendues en faveur de malades déclarés. Le Dr Biboulet, médecin expert ayant appuyé la démarche d'une plaignante ayant obtenu gain de cause devant le tribunal du contentieux et de l'incapacité de Toulouse, a ainsi expliqué sur quels critères il s'était appuyé pour réfuter l'absence de lien entre ces symptômes et l'exposition aux ondes électromagnétiques.

De son côté, l'O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) et le Scenihr (conseil scientifique de la Commission européenne) s'en tiennent à l'absence de critères diagnostiques spécifiques et de lien sientifiquement démontré. En France, un rapport, en cours d'élaboration, de l'Anses fera le point sur l'état actuel des connaissances scientifiques. Dans l'intervalle, le milieu médical, comme l'a montré la présence d'une dizaine de praticiens dans la salle en plus des intervenants, vient peu à peu à cette problématique ; à la suite du Professeur Belpomme, responsable de la seule consultation spécialisée proposée en France et dont les travaux visent à affiner la connaissance tant des mécanismes physiopathologiques à l'oeuvre chez les sujets que des critères diagnostiques (définition de marqueurs biologiques et imagerie cérébrale) et des protocoles thérapeutiques disponibles (association d'oxygénateurs cérébraux, d'antihitaminiques et d'antioxydants), plusieurs praticiens ont témoigné de la spécificité de l'approche à mettre en place vis à vis de la parole des patients auxquels ils sont confrontés et de leur attente pour des formations et des outils leur permettant une prise en charge plus adaptée.

Organisé sous forme de deux tables rondes, la première consacrée à un point d'avancée sur les connaissances scientifiques et médicales et les perspectives d'évolution vers une meilleure prise en charge du handicap, la seconde structurée autour de témoignages de soignants, de malades et d'aidants, puis d'interventions traitant des aspects juridiques, ce colloque a été l'occasion d'échanges particulièrement constructifs avec la salle et semble avoir permis l'émergence de notions partagées sur lesquelles les acteurs pourront s'appuyer et jeté les bases d'une structuration du mouvement de fond pour une reconnaissance de cette pathologie.

Retrouvez le texte de l'appel des médecins et professionnels de santé pour une reconnaissance de l'électro-hypersensibilité

Reprise de l'évènement dans le courrier du Parlement