lundi 22 décembre 2014

Connaissances et usages des nouvelles technologies

Comment caractériser le rapport des Français aux nouvelles technologies? Deux études rendues publiques en décembre 2014, d'objectifs et de portées très différentes, jettent un éclairage actualisé sur ces questions.

Le niveau de connaissance des mères et futures mères au sujet des ondes électromagnétiques, et en particulier de l'exposition de leurs enfants, vient d'être testé via une enquête en ligne à l'initiative d'une société sur le point de commercialiser un babyphone s'affranchissant des technologies basées sur l'émission d'ondes électromagnétiques (transmission des données via le réseau électrique filaire du domicile). Ce sondage a concerné un échantillon de 1350 parents, à 99% des mamans et futures mamans, représentatif de la population française pour sa répartition géographique, et d'âge compris entre 25 et 34 ans pour près des trois quarts. La méthodologie exacte employée n'a pas été précisée.

Trois thèmes ont été successivement abordés : la connaissance générale sur les ondes électromagnétiques, l'utilisation du babyphone et les pratiques de téléphonie mobile.

Le manque de connaissances de base est clair : si la quasi-totalité des sondées associent usage d'un téléphone mobile et exposition aux ondes (cette part tombe à 78% pour les tablettes numériques et 71% pour les babyphones), dans le même temps plus d'un tiers avouent ignorer ce qu'est une onde électromagnétique, et plus de 90% ne pensent pas être suffisamment informées sur leurs possibles effets. En conséquence, ce sont encore près de 90% des sondées qui déclarent ne pas savoir comment limiter leur exposition et celle de leur famille, tout en souhaitant pouvoir le faire. 

Les pratiques d'utilisation du babyphone sont ensuite détaillées. On apprend que l'usage systématique pour les nuits concerne 64% du panel, et que dans 60% des cas l'appareil est placé à moins d'un mètre de l'enfant. Ceci, alors que 68% pensent qu'éloigner le babyphone limite l'exposition et que près de la moitié exprime une inquiétude sur de possibles effets néfastes pour le bébé. Deux critères de choix d'un modèle sont plébiscités, sa portée et son prix, alors que la technologie et la fréquence des ondes utilisées sont moins fréquemment citées.

Le même genre d'incohérence est retrouvé dans les réponses au sujet de l'usage du téléphone mobile et des tablettes numériques : plus du tiers des sondées laissent leurs enfants utiliser leur mobile et plus de la moitié leur tablette, 14% indiquant que leur enfant en possède une. Concernant leurs propres pratiques, 27% des mamans dépassent les trois heures d'utilisation quotidienne du mobile, et 69% s'en servent dans les transports en commun ou leur véhicule particulier.

Même si la présentation des résultats semble propice à la justification d'arguments utilisables par la société commanditaire, essentiellement sur l'attente pour des babyphones faiblement émetteurs d'ondes, ces résultats confirment le niveau de méconnaissance relative à des objets d'utilisation quotidienne, et la situation paradoxale de parents massivement consommateurs de technologies et dans le même temps conscients de l'existence d'effets potentiels, même incomplètement cernés, et de la plus grande sensibilité des jeunes enfants à l'exposition aux ondes électromagnétiques.

Auparavant, le Credoc (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) avait publié son rapport annuel sur l'utilisation des nouvelles technologies, réalisé à la demande de l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) et du CGE (Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies) . Un échantillon de plus de 2000 personnes, représentatif de la population française, a été interrogé sur ses pratiques en la matière.

Sans surprise, le taux d'équipement en smartphones et tablettes a encore fortement progressé entre 2013 et 2014, atteignant respectivement 49% et 29% des sondés. 78% des ménages français disposent d'une connexion internet à leur domicile, ce qui place le pays en cinquième position dans l'Union Européenne. Au niveau des pratiques, un glissement est noté des SMS vers les messageries instantanées.

Dans le même temps, l'inquiétude vis à vis de possibles effets sanitaires demeure présent pour 62% d'entre eux, sans pour autant que cette inquiétude se manifeste par des précautions d'utilisation : si 62% des sondés expriment une préoccupation à ce sujet, moins d'un tiers indique limiter la durée de leurs appels et un quart évite de téléphoner dans les zones mal couvertes.

Les deux études apparaissent donc convergentes pour faire apparaitre une déconnexion entre la persistance d'une méfiance vis à vis des possibles effets sanitaires et les pratiques d'utilisation. Des efforts dans le domaine de l'information et de la sensibilisation aux bonnes pratiques d'usage, dans un cadre déconnecté du contexte publicitaire omniprésent, apparaissent donc plus que jamais nécessaires.

Présentation des résultats du sondage par avisdemamans.com