mardi 8 avril 2014

Des logements conçus pour les personnes hypersensibles à Zurich


L’hypersensibilité aux champs électromagnétiques, ou électrohypersensibilité (EHS), suscite encore un grand nombre d’interrogations ; en premier lieu, celle de l’objectivation du lien entre les symptômes ressentis par les personnes affectées et l’exposition effective aux ondes électromagnétiques qu’elles incriminent. Dans l’attente de réponses que la recherche scientifique n’est à l’heure actuelle pas en mesure de fournir, la question d’une prise en charge adaptée des malades se pose aux autorités compétentes ; en France, l’étude dite Cochin actuellement diligentée vise à évaluer la prise en charge des personnes électrohypersensibles, et des projets de création de « zones blanches », le plus souvent dans des secteurs isolés dépourvus d’émetteurs, ont vu le jour.

Dans ce contexte, une initiative, certes isolée, mérite d’être rapportée. A Zurich, en Suisse, dans un quartier de la périphérie de la ville préservé de la présence d'antennes, a été bâti un immeuble d’une quinzaine de logements conçu pour rendre plus supportable le quotidien de personnes souffrant d’hypersensibilités, non seulement aux ondes électromagnétiques mais à d’autres agents environnementaux. Une des pistes pour la compréhension de ce phénomène est en effet de rapprocher l’EHS des hypersensibilités aux produits chimiques (MCS, pour multi chemical sensitivity) qui affectent certaines personnes.

Ici, c’est une approche pragmatique qui a guidé les initiateurs de ce projet, la conception d'un bâtiment à même de minimiser l’exposition de ses occupants. Un soin tout particulier a été porté au choix des matériaux (pierre et béton brut pour les murs et les plafonds, limitation au maximum du recours aux additifs chimiques) et au dispositif de ventilation de l’air intérieur. En ce qui concerne les champs électromagnétiques, toiture et façades sont conçues pour résister à la pénétration des ondes ; le métal des armatures a été remplacé par des barres en fibres de verre, les cables électriques recouverts d'un revêtement de protection, le nombre de prises électriques limité au strict nécessaire. Le surcoût occasionné par l'emploi de ces matériaux et technologies est estimé à 25% par rapport à une construction standard.

Enfin, des règles de vie strictes ont été édictées à l’attention des occupants, par exemple quant aux produits d’entretien ou d'hygiène dont l'usage est autorisé dans l’immeuble, tous n’étant pas sensibles aux mêmes substances. Le téléphone portable a bien entendu été banni.

La principale originalité de cette initiative est de permettre le maintien des malades dans un milieu urbain, ce qui permet de combattre l’isolement social qui les frappe trop souvent. L’autre point positif dans l’optique de combattre cet isolement étant de permettre le rapprochement de personnes confrontées aux mêmes types de problèmes au quotidien.

Lire l’article dans le parisien.fr :

Lire le reportage dans le monde.fr

La page consacrée au syndrome MCS sur le site de l’ASEF