mardi 24 novembre 2015

Fin des enchères pour les "fréquences en or"


Les six lots de la bande des 700 MHz vont être répartis entre les quatre opérateurs de téléphonie mobile, pour un montant de 2,8 milliards d'euros.

Attendu depuis plus d'un an (voir notre actu du 5 novembre 2014), l'appel d'offre relatif à cette attribution avait finalement été lancé par l'Arcep, autorité de régulation des télécoms, le 16 novembre 2015. L'enjeu était de taille, les propriétés physiques de ces fréquences, autorisant à la fois une bonne pénétration dans les bâtiments et une portée étendue, les rendant incontournables en termes de perspective de déploiement du haut débit mobile dans le futur ; d'où le qualificatif de fréquences "en or".

Il aura fallu moins de 48 heures pour que les six blocs de fréquences, de 5 MHz chacun, soient répartis entre les quatre opérateurs. Free mobile, détenteur de deux de ces lots, devrait pouvoir ainsi rattraper le retard pris dans le développement de la 4G en ayant accès aux fréquences basses du spectre, d'où il était absent jusqu'ici (ce qui l'autorisait à postuler pour un maximum de trois lots, contre deux pour ses concurrents, selon les modalités des enchères définies par l'Arcep. Orange, également acquéreur de deux lots, a renforcé sa position dominante sur cette partie du spectre (un tiers du spectre en 700-800 MHz). L'enjeu n'était pas le même pour les deux autres opérateurs. Déjà fort bien pourvu, Bouygues télécom a joué le jeu, fait monter les enchères et au final repart avec un des six lots. Quant à SFR, fortement endetté, il a réussi à consolider son patrimoine en empochant le dernier lot disponible, tout en respectant ses capacités financières actuelles.

En quelque sorte, le dénouement de ces enchères a finalement donné satisfaction à tous et devrait contribuer à stabiliser ce secteur d'activités dans sa configuration actuelle à quatre acteurs. Pour la première fois, des obligations en termes de couverture avaient été associées à l'attribution des lots, avec pour objectif une couverture de 90% du territoire en 4G à l'horizon 2030.

L'opération devrait rapporter en tout près de 2,8 millions d'euros à l'Etat : Orange et Free investiront un peu moins d'un milliard d'euros chacun, Bouygues et SFR un peu plus de 400 millions. C'est 12% au dessus du prix de réserve, qui avait été fixé à 2,5 millions d'euros, et cette somme devrait encore s'arrondir après le déroulement des enchères dites de positionnement, qui consistent à déterminer précisément la place de chaque opérateur sur le spectre.

Les recettes dégagées devraient être reversées au budget de la Défense. Le règlement par les opérateurs se fera de manière étalée à partir du début de l'année prochaine, les fréquences en question ne devenant progressivement disponibles qu'à partir de fin 2017.

Le Monde économie, 17 novembre 2015