jeudi 15 janvier 2015

L'InVS publie une note de positionnement sur les champs électromagnétiques


L'Institut National de Veille Sanitaire fait le point sur l'état des connaissances des risques pour la santé causés par une exposition aux champs électromagnétiques  et sur son rôle dans ce domaine.

Cet établissement public placé sous la tutelle du Ministère de la santé a pour mission l'observation, la surveillance et l'alerte dans l'ensemble des champs de la santé publique, en particulier les risques émergents et les crises sanitaires récentes. Sur le terrain, ses Cire (cellules interrégionales d'épidémiologie) sont sollicitées pour l'exploration de suspicion de cas groupés de pathologies, en soutien des Agences régionales de santé.

Cette courte note de six pages, références bibliographiques incluses, fait la synthèse des effets sanitaires des champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences (de 0 à 300 kHz) et radiofréquences (de 300MHz à 300 GHz), en distinguant les effets reconnus de manière unanime ("connaissances acquises ou faisant l'objet d'un consensus fort") des effets "suspectés ou allégués".

Elle rappelle la nature des effets biologiques certains, la création de courants induits pour les basses fréquences et l'effet thermique pour les radiofréquences, et souligne le caractère protecteur pour la santé du cadre réglementaire relatif aux expositions environnementales, mentionnant comme seuls effets constatés, pour les ondes liées à la téléphonie mobile, les accidents de voie publique liés à leur utilisation au volant et les interférences avec certains dispositifs médicaux.

En l'absence de lien de causalité démontré, l'association statistique entre l'exposition résidentielle aux champs électromagnétiques basses fréquences et les leucémies chez l'enfant, qui avait motivé en 2002 leur classement dans la catégorie cancérigènes possibles par le CIRC (centre international de recherche sur le cancer) est considérée par l'InVS comme un effet suspecté, tout comme l'accroissement des risques de gliome chez les usagers intensifs du mobile. Concernant les effets non cancérigènes (troubles du sommeil, altération des capacités cognitives, rôle dans le développement de la maladie d'Alzheimer par exemple), le niveau de preuve est également considéré comme insuffisant, sur la base des conclusions de l'O.M.S. et plus récemment de l'ANSES. Enfin, l'électrohypersensibilité est qualifiée d'"intolérance environnementale idiopathique" (IEICM), et les difficultés d'une approche épidémiologique de cette affection sont soulignées.

La note détaille enfin l'implication de cet institut dans la stratégie de surveillance d'éventuels effets sanitaires dans la population générale, pouvant être rattachés à l'exposition aux champs électromagnétiques : dispositif de surveillance épidémiologique des cancers et investigation des clusters. Dans le domaine de l'IEICM, son intervention  porte sur l'élaboration d'une stratégie de veille active en collaboration avec d'autres partenaires. Enfin, l'InVS soutient le projet Geocap de l'Inserm, qui étudie l'exposition des jeunes de moins de 15 ans à plusieurs agents environnementaux, dont les champs basses fréquences émis par les lignes à haute tension.