mardi 10 mai 2016

Le point sur le déploiement des compteurs communicants


La phase opérationnelle de déploiement des compteurs communicants est lancée mais se heurte à l'opposition de certains particuliers, associations de consommateurs, mais aussi élus locaux.

L'installation par ERDF, gestionnaire du réseau d'électricité, des compteurs de nouvelle génération Linky a débuté en France en décembre 2015, près de 35 millions d'unités devant être mises en service d'ici 2021. Présentée comme un levier majeur d'amélioration de l'efficacité énergétique à l'échelle du pays, elle répond à un besoin de modernisation des réseaux électriques en lien avec l'augmentation de la part d'électricité d'origine renouvelable et facilitera la gestion de la demande en électricité. Pilotés à distance, ces nouveaux dispositifs suppriment la nécessité d'intervention physique par des agents sur le terrain pour le relevé , et permettent une résolution plus rapide des pannes, mais également des fraudes (branchements sauvages sur le réseau). La consommation est relevée en temps réel et transmise une fois par jour au fournisseur d'énergie, un portail internet sécurisé permettant au consommateur de suivre ses propres indices et, de là, de mieux maitriser sa consommation et voir le montant de ses factures réduit. S'il est gratuit (et en théorie obligatoire) pour l'ensemble des foyers concernés, le remplacement des anciens boitiers représente un investissement qui devrait être couvert par les économies générées.

La résistance à ce déploiement (voir la plateforme dédiée et ci-dessous la lettre ouverte de l'association Priartem) se cristallise autour de l'exposition des résidents aux ondes électromagnétiques émises par les boitiers Linky à l'intérieur des logements équipés, et de leurs possibles effets sanitaires, en particulier sur les publics sensibles. Le fonctionnement de ces compteurs repose en effet sur le principe du courant porteur de ligne (CPL) pour la transmission de l'information numérique, qui génère des ondes dans la gamme des très basses fréquences (en France de 35 à 90 kHz). Mais d'autres arguments sont également entendus dans la bouche des opposants : devenir des données collectées et protection de la vie privée, absence de véritable étude bénéfice/risque, erreurs dans les relevés automatiques, dysfonctionnements voire accidents de type incendie, gâchis généré par la mise au rebut de matériel ancien mais encore fonctionnel. A ce jour, près d'une centaine de communes ont décidé de s'opposer au déploiement des compteurs Linky sur leur territoire, dénonçant une opération menée à marche forcée et en absence de débat public . En Ile-de-France, certaines, comme Varennes-sur-Seine (Seine-et-Marne), Yerres et Janvry (Essonne), ont voté une délibération en conseil municipal en ce sens, contraignant ERDF à engager des recours devant le tribunal administratif, dont les décisions constitueront un socle jurisprudentiel en la matière.

La réponse de l'Etat (voir ci-dessous la réponse de la Ministre de l'Ecologie à une question parlementaire) se veut rassurante quant à l'absence d'effets sanitaires et aux avantages présentés par ces nouvelles technologies, dont les objectifs de déploiement, rappelons-le, découlent d'une directive européenne de 2009, et pour lesquelles la prochaine étape sera l'installation des compteurs communicants Gazpar, avec des caractéristiques similaires pour la consommation de gaz naturel.

Voir le reportage sur Francetv info