mardi 2 mai 2017

Maladie de Charcot : les champs électromagnétiques en cause?


Une étude néerlandaise met en évidence une augmentation significative du risque de maladie de Charcot chez les individus exposés aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences en milieu professionnel.

La sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot, affecte près de 8000 personnes en France. Il s'agit d'une pathologie neurologique dégénérative touchant les motoneurones de la moelle épinière et du cortex cérébral moteur, responsable d'une paralysie pouvant s'étendre aux muscles respiratoires, pharyngés, des membres, ou de la face. Selon la localisation, les symptômes peuvent débuter par de la faiblesse ou de la raideur musculaire, des crampes, des troubles de la déglutition ou de la parole ; ils évoluent fréquemment vers la tétraplégie et l'issue est inéluctablement fatale, l'espérance de vie après diagnostic étant de l'ordre de 5 ans. Ce diagnostic est souvent posé sur des sujets âgés de 50 à 60 ans, anciennement très actifs, et plus fréquemment des hommes que des femmes. 8 à 10% des cas sont des formes familiales (plusieurs membres d'une même famille sont atteints), et on a identifié à ce jour plusieurs gènes impliqués ; mais des clusters géographiques de cas ont également été décrits, suggérant l'intervention de facteurs environnementaux.

La maladie de Charcot fait donc l'objet de recherches pour mieux en comprendre l'étiologie et les facteurs de risques. C'est dans ce contexte que les résultats d'une étude menée par des équipes des universités de Maastricht et d'Utrecht viennent d'être publiés dans la revue Occupational and Environmental Medicine. Dans le cadre du suivi d'une cohorte de plus de 120 000 individus âgés de 55 à 69 ans à l'inclusion, les sujets décédés de sclérose latérale amyotrophique (76 hommes et 60 femmes) ont vu leur exposition à différents facteurs de risque potentiels au travail comparée à celle d'un échantillon témoin ; l'évaluation de l'exposition concernait plusieurs agents de nature chimique (métaux lourds, pesticides, solvants) ou physique (champs électromagnétiques d'extrêmement basses fréquences, chocs électriques) et avait été réalisée sur la base d'un questionnaire et d'une matrice d'exposition professionnelle aux différents agents.

Le résultat le plus marquant est le risque de décès multiplié par deux pour les hommes ayant été soumis à des hauts niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences dans le cadre de leur activité professionnelle. Cette association n'a pas été retrouvée pour les femmes. Par ailleurs, aucune association en lien avec l'exposition aux autres facteurs suspectés, et qui avait pu être mise en évidence dans des travaux antérieurs, n'a pu être retrouvée. Dans un autre contexte, une étude américaine publiée en début d'année tendait ainsi à incriminer l'ingestion de quantités élevées de mercure, neurotoxique connu, par des gros consommateurs de certains poissons, dans l'apparition de la maladie.

Aucun traitement curatif n'existe à ce jour pour cette maladie, dont la compréhension de la pathogènie est encore incomplète. Un seul médicament (le Riluzole) est reconnu comme permettant de prolonger le délai avant mise en place d'une assistance respiratoire et le temps de survie global. La prise en charge des patients par des équipes pluridisciplinaires autorise une amélioration de leur qualité de vie.

Consulter le site maladiedecharcot.org