mardi 4 février 2014

Présentation du rapport de l'ANSES "radiofréquences et santé"


Le groupe de travail « Radiofréquences et santé » s’est donné pour but de remettre à jour son précédent avis datant du 14 octobre 2009 traitant des effets sanitaires potentiels des radiofréquences.

La méthode de travail a consisté en un recensement exhaustif des publications produites sur ce sujet dans l’intervalle, une sélection des études (cliniques, épidémiologiques ou sur modèles animaux ou cellulaires) présentant un niveau de qualité jugé suffisant sur la base de critères préétablis, et pour chacune d’elles une évaluation des éléments de preuve (suffisant, limité, insuffisant ou sans effet) pour les effets testés sur la base d’une méthode proche de celle du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), qui permet l’évaluation du niveau de preuve pour un effet donné (effet avéré, probable, possible, niveau de preuve insuffisant pour conclure à un effet chez l’homme, probablement pas d’effet chez l’homme).

Le rapport présente les conclusions suivantes :

  • pas de mise en évidence d’effets sanitaires avérés.
  • concernant les effets cancérogènes, un niveau de preuve limité pour l’apparition de gliomes chez les utilisateurs intensifs de téléphone mobile, et l’apparition de neurinome acoustique ; un niveau de preuve insuffisant pour la population générale vis-à-vis des types de tumeurs étudiés. Ce constat apparait cohérent avec le classement des radiofréquences en « cancérigènes possibles » par l’O.M.S. en 2011.
  • mise en évidence, avec des niveaux de preuve limités, dans des études conduites sur l’homme ou l’animal, d’effets sur la fertilité mâle, le sommeil et les performances cognitives.
  • observation d’effets biologiques, sur des modèles cellulaires, animaux ou chez l’homme, considérés comme transitoires et réversibles et pour lesquels il n’est pas possible de conclure à des effets sanitaires qui en découleraient.

L’ANSES formule, sur la base de ces conclusions, un certain nombre d'observations et de recommandations relevant d’une démarche de précaution :

  • la révision des seuils réglementaires d’exposition de la population générale n’apparait pas nécessaire sur l’examen des éléments relatifs à d’éventuels effets sanitaires,
  • l’existence d’effets mis en évidence par certaines études avec un niveau de preuve limité incite à proposer un éventail de mesures de bon sens tendant à limiter l’exposition, en particulier sur des publics fragiles, et à améliorer les dispositifs de surveillance des niveaux d’exposition.
  • l’accent est mis sur la nécessité de favoriser les usages et pratiques permettant de limiter l’exposition en champ proche (par les téléphones mobiles notamment), compte tenu de leur caractère prépondérant par rapport à l’exposition environnementale.
  • les travaux de recherche doivent être poursuivis et soutenus.

 Enfin, l’ANSES a choisi de traiter la question de l’électrohypersensibilité de manière séparée et lui consacrera un rapport spécifique prévu courant 2014.