vendredi 5 septembre 2014

Rassemblement annuel des personnes électro-hypersensibles

A l'initiative de l'association "Une terre pour les EHS", les personnes électro-hypersensibles ont tenu du 25 août au 1er septembre 2014 leur rassemblement annuel près de Saint-Julien-en Beauchêne, dans les Hautes-Alpes. Cette manifestation, temps d'échanges et de partage d'expériences, vise aussi à sensibiliser et à faire progresser la reconnaissance de leur handicap. Plusieurs élus, parmi lesquels la vice-présidente de la région PACA Anne-Marie Hautant ou l'eurodéputée Michèle Rivasi, ont fait le déplacement pour exprimer leur soutien à la centaine de participants présents chaque jour.

Cet évènement a aussi été l'occasion de renouveler leur demande récurrente pour la création d'une "zone blanche" non couverte par les émetteurs et de faire le point sur l'avancée d'un projet de structure d'accueil adéquate sur un site proche du lieu de rassemblement. Il s'agit de bâtiments d'un centre de vacances situé dans une vallée encaissée, à plus de 1000 mètres d'altitude, dont le propriétaire, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pourrait accepter d'en louer une partie.

Ce projet, expérimental, permettrait de proposer un lieu d'accueil d'urgence pour les personnes électrohypersensibles en détresse, et de constituer simultanément un centre de recherche où pourrait être approfondie la connaissance des phénomènes responsables de ce syndrôme,

Le sujet sera soulevé par Michèle Rivasi lors de sa prochaine audition par l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), qui travaille à la rédaction de son rapport d'expertise sur la question de l'électrohypersensibilité, annoncé pour fin 2014. Outre l'aval des autorités, la concrétisation de ce projet est aussi conditionnée par l'accord des opérateurs pour réaliser les modifications techniques nécessaires à la création d'une zone véritablement dépourvue d'ondes : en effet ce secteur, bien que reculé, présente néanmoins une couverture résiduelle par le réseau de téléphonie mobile, comme l'ont montré les mesures réalisées sur place par le Criirem (Centre de Recherche et  d'Information Indépendant sur les Ondes ElectroMagnétiques).

Les personnes déclarant souffrir d'électrohypersensiblité, majoritairement des femmes, pourraient être plus d'un millier en France, où leur pathologie n'est pas officiellement reconnue à ce jour au contraire d'autres pays comme l'Allemagne ou la Suède. Les symptômes rapportés, peu spécifiques, comprennnent céphalées, insomnie, douleurs musculo-squelettiques, nausées, à des degrés variables selon les individus. Les personnes les plus fortement touchées peuvent être amenées à se retrancher dans les lieux les plus isolés pour atténuer leurs symptômes, ce qui conduit à des situations extrêmes d'isolement et de déclassement social.

Plus de détails sur cette actualité :

Article sur l'évènement dans Le Dauphiné libéré

Reportage dans Francetvinfo