Les méthodes d'évaluation de l'exposition aux ondes électromagnétiques

Il existe plusieurs méthodes pour évaluer le niveau d'exposition aux ondes électromagnétiques dans l'environnement.

La mesure

La méthode de référence consiste à mesurer le niveau de champ électromagnétique présent en un point donné de l'environnement, à l'aide du matériel de mesure adéquat. Il peut s'agir d'une mesure ponctuelle effectuée à un temps T, ou bien de mesures en continu réalisées au cours d'une période donnée au moyen de stations fixes, implantées en des localisations précises préalablement déterminées. Cette seconde procédure permet de caractériser les variations du champ électromagnétique dans le temps au cours de la période étudiée. Le niveau de champ mesuré correspond aux émissions dans une bande de fréquence donnée : selon l'appareil utilisé et le but recherché, il peut s'agir du niveau global ("mesures large bande") ou du détail de niveau pour les différentes fréquences ("analyse de spectre"). Pour produire des résultats fiables et comparables, le type de matériel utilisé et les protocoles de mesures appliqués doivent idéalement répondre à une ensemble de normes communes. En France, le Comité Français d'Accréditation (COFRAC) est habilité à délivrer une accréditation aux organismes réalisant les mesures, et l'ANFR établit et tient à jour un protocole de réalisation de ces mesures dans le domaine des radiofréquences ; le contrôle du respect des niveaux maximum réglementaires d'exposition se fait strictement dans ce cadre. La mesure seule ne permet toutefois pas une caractérisation extensive du niveau d'exposition pour un territoire aussi étendu que l'Ile-de-France.

La modélisation

L'évaluation du niveau de champ électromagnétique dans l'environnement peut aussi se faire grâce à des logiciels de modélisation de la propagation des ondes électromagnétiques. Leur fonctionnement repose sur l'utilisation des données relatives aux sources (le recensement des émetteurs, leur localisation, leur puissance, leur orientation) et au terrain (en particulier le bâti urbain et la topographie). La modélisation fournit une estimation du niveau de champs dans l'espace (en 3D), en tout point et pour des zones étendues, qui peut aussi être utilisée dans une optique prospective dans le cadre du déploiement de nouvelles infrastructures ou de projets d'aménagement urbain. Elle est toutefois entièrement dépendante de la disponibilité et de la fiabilité des données d'entrée, tant pour les caractéristiques des émetteurs que pour celles de l'environnement : en particulier les caractéristiques actualisées du bâti doivent être disponibles ; elle ne permet pas de tenir compte des variations de champ liées au niveau de fonctionnement des infrastructures (demande en électricité sur le réseau électrique, nombre de communications sur une cellule du réseau de téléphonie mobile). Enfin l'acquisition des licences des logiciels nécessaires représente un coût non négligeable et nécessite parallèlement la formation des personnels à leur utilisation.

Deux méthodes complémentaires

Loin d'être concurrentes, les deux méthodes ont fait la preuve de leur complémentarité dans d'autres domaines comme la surveillance du bruit ou de la pollution atmosphérique ; récemment, plusieurs observatoires régionaux en Europe, par exemple l'IBGE (Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement), ont appliqué cette combinaison des deux techniques pour améliorer la connaissance des niveaux d'exposition aux ondes électromagnétiques sur leur territoire de compétence. La mesure, méthode de référence, prend toute sa valeur lorsqu'elle est réalisée en des lieux préalablement identifiés comme zone à enjeux par la modélisation, d'autres éléments devant aussi être pris en compte comme la présence de populations sensibles par exemple.